C'est par des jours de pluie ou de solitude qu'il se perd dans ces endroits. Il n'y cherche rien de particulier, chacun se cherche, se contemple. Il s'y perd et arpente des couloirs sombres en quête de désirs. Tous les garçons en manque d'amour cherchent un corps à corps furtif pour assouvir leur plaisir, et s'entretenir de regrets... pourquoi suis-je là ?Arrivé au vestiaire, il est regardé, épié observé.... L'impression d'être dévoré.. Il se met nu comme tous les autres, les regards toujours tournés vers son corps sans défaut. Il n'est donc que plastique et chair fraîche. Les regards sur lui font dresser sa virilité, il ne se cache pas.... Il s'exhibe sans aucune pudeur. Il s'offre aux regards inquisiteurs qui le dévorent.
Son seul habit une serviette aussi petite soit-elle qui l'habille sous sa ceinture posée comme un habit égyptien, ne laissant apparaître qu'un mince filet duveteux jusque son nombril. Les regards sont posés sur son corps, il ne s'en cache pas... Il aime que tous ces regards ce posent sur lui et le désirent. Plus les yeux sont tournés vers lui et plus son corps frémit, il laisse sa serviette glisser peu à peu pour laisser dévoiler son corps entièrement nu pour son plaisir... il s'exhibe, il aime... il offre son corps à qui veux, il veut se faire désirer, il veut se donner aux inconnus.
Les dimanches après-midi peuvent être tristes....
Les couloirs sombres sont arpentés par des dizaines de garçons tous aussi beaux les uns que les autres, personne ne connaît personne et pourtant ils connaissent leur intimité, mais on ne se parle pas, on ne fait que consommer.
Il suit le couloir qui le mène jusqu'aux douches, où son plaisir sera d'être entièrement nu parmi les autres garçons sous les douches qui sont aussi peu éclairées que le reste de lieu interdit, le lieux de tous les vices mais tous les plaisirs. Pas de honte, tous ces garçons, ces hommes viennent chercher ce qu'ils n'ont plus chez eux....
Il regarde ces garçons qui viennent peut-être de consommer leur corps en laissant échapper leur désir furtivement et sans réel désir, juste bestialement et égoïstement. Personne ne se sourit, seuls les regards peuvent en dire long sur la motivation de leur présence. Ils ne vont rien s'interdire, offrir leur virilité. Tous les corps peuvent être beaux quand on ferme les yeux. L'endroit n'est pas à la sélection mais à la réception et à l'offrande de son corps.
Les dimanches après-midi sont timides....
L'eau chaude de la douche enveloppe son corps nu exposé cette fois-ci à la vue de tous ces mâles en rut. L'eau vient frapper sa poitrine qu'il se caresse dans une délicatesse insoupçonnable de désirs, ses mains dessinent les contours entiers de son corps sculpté, musclé qui fait naître un désir visible de ses voisins nus et déjà en attente d'un corps contre le leur exposé à la vue de tous. Il voudrait qu'on vienne à lui.... mais seuls les yeux se posent sur lui... il n'est que plastique, personne n'ose s'approcher...
Il aime être regardé, il n'a pas honte, il jouit ainsi des regards des autres qui se caressent tout en le regardant ainsi se dévoiler dans une intimité qu'il partage. Il ferme les yeux et imagine tous ces hommes autour de lui, le caressant de leur regard, mais il aurait préféré sentir leurs corps plus près de lui...
Les dimanches sont nus....
Son plaisir être nu et arpenter les couloirs entièrement nu, vouloir sentir qu'on se frotte à lui, que les autres corps nus le frôlent. Il ne veut pas cacher son désir, son plaisir, il veut s'offrir. Honte à lui d'être là, il oublie sa femme et ses enfants à la maison.... Il est là...
Les dimanches sont un prétexte....
A la recherche de chaleur humide il se dirige vers le hammam. Une odeur d'eucalyptus l'enivre et éveille ses sens. L'endroit est tellement sombre ou l'on ne peut distinguer les corps allongés, ou assis ou debout. Seule la musique diffusée dans hauts parleurs reste son seul lien avec la réalité. Des hommes sont occupés entre eux aux jeux du plaisir. Il reste debout, il tente d'observer les corps en mouvement. Il sent une main sur sa poitrine, ce n'est pas la sienne.
Les dimanches sont humides de tendresse....
Une autre main lui caresse ses reins, ce ne sont pas ses mains, celles de ces inconnus qu'il ne voit pas. Il laisse son corps s'abandonner aux mains de ces hommes, il ne sait pas combien ils sont, son corps est offert pour le plaisir de tous ces garçons dans la même détresse que lui. Il pleure... il a honte mais ne veut pas sortir, il désire leur virilité, il désire s'offrir à ces inconnus l'espace de quelques instants.
Et........ il pleure.... Il voudrait être aimé.... Il voudrait aimer... il devrait avoir honte... il pleure, il ne sait ce qu'il fait là.....
Et moi non plus parfois.....







France
